People Watching Station
Petites formes
Les petites formes sont des œuvres compactes, faciles à faire circuler, qui peuvent être présentées seules ou réunies dans une œuvre plus vaste. Ludiques et accessibles, elles invitent le public à entrer directement en relation avec une idée, un objet, une image ou une expérience — parfois légèrement, parfois de façon étonnamment profonde.
People Watching Station transforme une habitude très ordinaire, souvent intime, en jeu public : celle de se comparer aux autres.
Les participants s’installent, prennent une paire de jumelles et choisissent une personne dans la foule. À l’aide d’un questionnaire, ils commencent à se comparer à cet inconnu — quelqu’un qu’ils n’ont probablement jamais rencontré et dont ils ne savent presque rien.
Qui semble plus heureux? Plus confiant? Plus intéressant? Qui semble avoir une vie plus enviable?
Évidemment, on ne peut presque rien savoir de tout cela.
C’est précisément là que le projet devient intéressant. Nous nous comparons constamment aux autres à partir d’indices minuscules. Un visage, un corps, des vêtements, une attitude, une façon de se tenir ou de parler suffisent pour que notre esprit commence à fabriquer une histoire : qui est cette personne, quelle vie mène-t-elle, est-elle heureuse, seule, sûre d’elle, accomplie, inquiète?
Ces histoires sont peut-être entièrement inventées, mais elles deviennent tout de même une matière à partir de laquelle nous nous évaluons nous-mêmes.
People Watching Station joue avec cette extraordinaire capacité de l’esprit à construire un récit à partir de fragments. Pendant quelques minutes, chacun devient à la fois spectateur et auteur : il observe un inconnu, lui invente un personnage, puis utilise cette histoire imaginaire pour mesurer sa propre vie.
Le projet rend visible ce travail narratif constant, généralement silencieux et inconscient, et le pousse juste assez loin pour en révéler le caractère absurde.
Les jumelles amplifient le geste de regarder. Le questionnaire donne une forme concrète à des jugements qui, d’ordinaire, ne font que traverser l’esprit. Et lorsque l’exercice est terminé, le participant doit encore décider quoi faire de la preuve de son jugement.
Deux poubelles l’attendent :
Je suis désolé de vous avoir jugé.
ou
Je ne suis pas désolé de vous avoir jugé.
Et la plaisanterie se retourne alors contre celui qui observe : après avoir jugé un inconnu, on peut immédiatement commencer à se juger soi-même pour l’avoir fait.
Ce qui commence comme un simple jeu d’observation devient ainsi une petite expérience sur la comparaison sociale, la projection, la conscience de soi et les histoires que nous inventons sur les autres.
Il n’y a aucune leçon à tirer et aucune bonne réponse. People Watching Station offre simplement un terrain de jeu à notre juge intérieur — et l’occasion de le surprendre en pleine action.
Comment ça fonctionne
Installez-vous — prenez une paire de jumelles, un questionnaire et un stylo.
Choisissez quelqu’un — repérez une personne dans la foule.
Comparez — répondez aux questions en vous comparant à la personne que vous observez.
Observez ce qui se passe — remarquez tout ce que vous croyez savoir sur quelqu’un que vous n’avez jamais rencontré.
Choisissez votre poubelle — lorsque vous avez terminé, décidez où déposer votre questionnaire :
Je suis désolé de vous avoir jugé
ou
Je ne suis pas désolé de vous avoir jugé
Comme les autres petites formes, People Watching Station peut être présenté seul ou combiné à d’autres œuvres pour créer un environnement participatif plus vaste.
Origines
People Watching Station a d’abord été créé dans le cadre de la production de STO Union What Happened to the Seeker? en 2015. Il y côtoyait une série d’expériences participatives qui invitaient le public à examiner certaines des façons parfois étranges dont les êtres humains cherchent du sens, de la certitude et des repères.
Le projet a ensuite acquis une vie propre comme œuvre légère, autonome et facile à installer dans des théâtres, des festivals ou des espaces publics.
Historique sélectif des présentations
27–29 mai 2015 — Festival TransAmériques, Montréal
Présenté dans le cadre de What Happened to the Seeker?
9–13 juin 2015 — Magnetic North Theatre Festival, Ottawa
Présenté dans le cadre de What Happened to the Seeker?
18–20 juin 2015 — HAU Hebbel am Ufer, Berlin, Allemagne
Présenté dans le cadre de What Happened to the Seeker?
1er–3 octobre 2015 — The Theatre Centre, Toronto
Présenté dans le cadre de What Happened to the Seeker?
23–28 novembre 2015 — Theatre Junction Grand, Calgary
Présenté dans le cadre de What Happened to the Seeker?
2017 — PAF, Farrellton, Québec
5 octobre 2024 — Nuit Blanche, Harbourfront Centre, Toronto
Présenté dans le cadre de Hopes and Fears Assembly.




Nadia Ross — concept et création
Nadia Ross est fondatrice et directrice artistique de STO Union et lauréate du Prix Siminovitch 2016. Son travail a été présenté partout au Canada et à l’international. Sa pratique s’intéresse notamment aux relations entre artistes et publics, ainsi qu’aux habitudes, aux structures et aux récits qui façonnent notre manière d’habiter le monde.
Crédits
Concept et création — Nadia Ross
Production — STO Union
Photos
Photos par David Irvine, Nadia Ross, Eric Fruhauf et Nila Varzhevska (pour Harbourfront)
Portrait de Nadia Ross par David Irvine



